C'est à la descente que nous avons été surpris. Sur l'itinéraire que nous avions emprunté un quart d'heure plus tôt, une coulée avait eu lieu, issue d'une plaque à vent qui s'était détaché des bords de la piste. Son épaisseur ainsi que sa longueur d'environ une centaine de mètres nous ont rappelé sèchement que la montagne est dangereuse et qu'il faut rester vigilant et attentif à tous les détails qui cette fois ci auraient dû nous avertir d'un danger potentiel.
Ce qui nous a surpris aussi c'est l'inconscience d'un groupe de randonneurs présents sur les lieux. Aucun d'entre eux ne semblait impressionné par l'importance de cette coulée. De plus ils n'avaient pas pensé à utiliser leurs ARVAS pour être sûr que personne ne s'était fait prendre sous la coulée.
Ce jour là pourtant, plusieurs indices auraient dû nous tenir en éveil :
A- Avant de partir, à la maison : la météo des jours précédents était mauvaise avec des chutes de neige récentes, peu importantes mais en présence d'un vent déjà fort. Le jour de la sortie le vent était annoncé à son maximum. Les chutes de neige se sont produites pendant une période plutôt froide et donc pas de transformation. De tout ça nous avons effectivement tenu compte pour décider d'une sortie dans un secteur peu exposé.
B- En arrivant sur place et pendant le déroulement général : Beaucoup d'endroits dénudés nous sont apparus à la remontée de la piste de Casserousse. Ce qui confirme que le vent a bien soufflé les jours précédents et de nombreux dépôts sont présents sous le vent ou dans les micro-combes et cuvettes. Ce qui confirme ce que nous imaginions depuis la maison.
C- Face à la pente que nous avons empruntée : Sur la partie supérieure de la piste de l'Olympique Homme, qui forme à cet endroit une combe relevée à l'inclinaison aux alentours de 30°, et dont les bords sont par endroit plus raides, nous avons déjà observé à la montée quelques blocs d'une coulée précédente mais qui semblait de très faible étendue et épaisseur. Les pentes situées sous le vent des crêtes étaient chargées mais sans apparaître cependant surchargées. C'est là que nous n'avons pas été assez méfiants : pente sous le vent chargées, pentes sur les bords du couloir avec pente supérieure ou égale à 30°, neige récente, temps froid pendant et aussi depuis les épisodes neigeux précédents, combe marquée à cet endroit pouvant canaliser une coulée potentielle. Tous ces indices auraient dû nous rappeler à l'ordre !
J'ai identifié les éléments qui ont endormi ma vigilance:
(1) beaucoup de randonneurs sur les lieux (beaucoup sont passés, ça tient c'est du solide)
(2) c'est une piste que j'ai déjà fait souvent quand la station est ouverte et j'y ai rarement vu des coulées déclenchées (sauf une fois pourtant)
(3) la pente remontée est relativement faible sur cette piste et cette impression est renforcée par le fait que je l'ai parcourue fréquemment à la descente lorsque la station est ouverte. Oui mais la pente est plus forte sur les bords !
Pour finir voici une photo de la coulée :
